13 novembre 2006

IRD dans le lagon

IRD dans le lagon

Par cyberdam, mardi  6 décembre 2005


Photos Mike Holsken

 

Ici, les articles abordent des questions techniques de modélisation mais j'en ai ressorti quelque constat laconique complété par une évaluation, certes grossière et restrictive, mentionnée dans le projet de schéma minier:

C'est par centaines de millions de tonnes qu'il faut compter les latérites encombrant les embouchures.


IRD dans le lagon: http://www.ird.fr/fr/actualites/fiches/2003/fiche179.htm


Extrait de la page web de l'Institut de Recherche Scientifique:

Lagon de Nouvelle-Calédonie : suivre et prévoir la circulation des sédiments

Depuis plusieurs années, les chercheurs recourent à la modélisation pour comprendre la circulation des courants et acquérir une connaissance fine de l'hydrodynamique du lagon sud-ouest de Nouvelle-Calédonie, sujet à d'importants apports de sédiments dus à l'érosion et aux activités humaines. Une équipe de l'IRD a développé un modèle hydrodynamique qui leur permet de déterminer l'impact de la marée et du vent, facteurs essentiels de la circulation des courants, et d'étudier la circulation des fines particules en suspension. Ce modèle, l'un des premiers aussi élaborés utilisés en milieu corallien, constitue un outil indispensable pour le suivi et la prévention de rejets dans le lagon. Il est également utile à la mise au point d'autres modèles plus complexes destinés à faire progresser les connaissances sur le fonctionnement et l'évolution biologique de cet écosystème.

Le développement urbain de la presqu'île de Nouméa, l'activité minière, l'érosion naturelle ou artificielle de l'île sont à l'origine d'importants apports qui peuvent constituer une menace pour l'équilibre biologique et la richesse du lagon sud-ouest de Nouvelle-Calédonie. Depuis plusieurs années, des chercheurs de l'IRD tentent de quantifier ces apports et d'évaluer leur impact sur l'environnement côtier.

C'est très technique comme article.

Vers la fin on peut lire:

Ce système peut être ainsi utilisé pour prévoir l'évolution du phytoplancton dans le lagon en particulier durant les périodes de crues. Du fait du transport et du mélange vertical des nutriments à l'embouchure des rivières, de fortes hausses de concentrations de ces nutriments peuvent en effet favoriser le développement du phytoplancton et, éventuellement, conduire à l'eutrophisation du lagon.

(1) Ces recherches relèvent du programme ECOTROPE de l'IRD, intégré au PNEC (programme national français de l'environnement côtier) en 1999. (2) Les travaux antérieurs des chercheurs de l'UR 103 CAMELIA sur la modélisation hydrodynamique du lagon a donné lieu à un atlas hydrodynamique publié en 2001 conjointement avec ZoNéCo (Programme d'évaluation des ressources marines de la zone économique de Nouvelle-Calédonie).


Nous pouvons donc, après consultation du dictionnaire découvrir que l'IRD pense qu'après les crues, l'eau des embouchures se charge de nutriments et veut évaluer cet apport...

Je pense que ce modèle doit être en urgence un outil fondamental d'un réel état des lieux des zones sinistrées ou menacées, atteintes dans leurs paysages.

Aucun chiffre, même global, n'est donné dans cet article!

Le projet de schéma minier, dans sa partie descriptive est très intéressant et ne se voile pas la face:

On peut y lire:

C’est ainsi qu’au début des années 1970, une accumulation de stériles sur le flanc d’une crête s’est effondrée, à l’occasion d’une importante période pluvieuse, et est venue barrer la rivière Ouha à Népoui, créant ainsi un lac artificiel, lui-même ayant englouti un village minier installé en amont dans la vallée. C’est la période, avec le « boom », qui a engendré les plus grands dégâts infligés aux massifs miniers. On a également vu plus haut les dommages occasionnés par la recherche minière durant cette période,

On peut se faire une idée très grossière des quantités de stériles générées depuis l’origine en retenant, pour une tonne de minerai produit, les ratios de stériles (entre 1 aux temps fastes des pinonniers exploitant des filons verts avant 1920 et 3.5 de nos jours ou la teneur faible fait décaper et remuer beaucoup plus de terre) ... Dans certaines exploitations ce même ratio peut atteindre aujourd’hui 6 stériles pour un minerai.

On voit donc que 600 millions de tonnes de stérile ont sans doute été générées dont 100 à 120 millions de tonnes sont probablement dans les creeks aujourd’hui ou à l’embouchure des rivières.

En 2002, le secteur minier a produit 6,5 millions de tonnes de minerai et 16,5 millions de tonnes de stériles environ (ratio : 3,5).

A tonnage d’exportation constant, l’augmentation de capacité de la SLN à 75 000 tonnes de nickel contenu et la construction des deux usines nouvelles (Goro et Koné) entraîneront la production de 16 millions de tonnes de minerai environ dont 12 seront à traiter sur place. Le manipulé annuel sera de 47 millions de tonnes au total dont 42 millions seront à stocker sur place sous forme de stériles miniers, de scories des usines pyrométallurgiques, de rejet des boues issues de l’usine hydrométallurgique, additionnées du calcaire de neutralisation.

Les montagnes de la Nouvelle-Calédonie ont été très abîmées par l’exploitation minière et il est nécessaire de réhabiliter progressivement les zones dégradées. Cela risque de coûter très cher.


Ce sont les techniciens de la DIMENC qui nous livrent ces quelques données, avec le commentaire.

Je n'en ajouterai pas ici.

A part, tout de même, que l'on ne peut réduire les phénomènes d'érosion et de lessivage à la seule question des stériles.

http://www.ird.fr/fr/actualites/fiches/2005/fiche220.htm#a0

Mais revenons à l'IRD...

En 2005, enfin une étude sur l'impact des activités humaines:

L'article une fois de plus explique les processus et perspectives techniques des recherches mais aucune évaluation des érosions dues à des causes diverses.

Le lagon qui entoure la Nouvelle-Calédonie est connu pour sa grande biodiversité et la fragilité de ses récifs coralliens. Quels sont les impacts sur ces milieux des activités anthropiques, liées principalement à l’urbanisation et à l’industrie minière, et des apports provenant des rivières résultant de l’érosion naturelle des sols ? Les chercheurs de l’unité Camélia, du centre IRD de Nouméa, se sont emparés de cette question. Leurs travaux portent principalement sur le lagon sud-ouest, aux alentours de Nouméa, la capitale, où réside la moitié de la population. Ils concernent plusieurs aspects, notamment la recherche sur l’accumulation des métaux dans des organismes marins, l’étude des courants responsables de la dispersion des matériaux apportés par les rivières, ou encore l’analyse de la qualité des eaux marines (éléments dissous, suspensions). La turbidité constitue en effet un facteur limitant pour le développement des coraux car elle réduit la pénétration de la lumière dans l’eau. De plus, les particules fines en suspension drainent des métaux susceptibles de contaminer les écosystèmes aquatiques.

Le décalage entre l'expression "se sont emparés de cette question" et l'étroitesse de la zone embrassée "aux alentours de Nouméa" prêterait à sourire si nous étions sûr qu'en 2007 nous ayons à disposition, un état des lieux des zones polluées et polluantes, des côtes et des récifs.

On peut supposer que les modélisations décrites dans ces deux articles Internet seront celles qui serviront à l'évaluation du projet de rejet marin sur lequel statuera le CEREGE qui a dores et déjà validé le procédé scientifique mis en oeuvre par Goro-Nickel...



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Posté par cyberdam à 08:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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