Le Kayou et nous

13 novembre 2006

IRD dans le lagon

IRD dans le lagon

Par cyberdam, mardi  6 décembre 2005


Photos Mike Holsken

 

Ici, les articles abordent des questions techniques de modélisation mais j'en ai ressorti quelque constat laconique complété par une évaluation, certes grossière et restrictive, mentionnée dans le projet de schéma minier:

C'est par centaines de millions de tonnes qu'il faut compter les latérites encombrant les embouchures.


IRD dans le lagon: http://www.ird.fr/fr/actualites/fiches/2003/fiche179.htm


Extrait de la page web de l'Institut de Recherche Scientifique:

Lagon de Nouvelle-Calédonie : suivre et prévoir la circulation des sédiments

Depuis plusieurs années, les chercheurs recourent à la modélisation pour comprendre la circulation des courants et acquérir une connaissance fine de l'hydrodynamique du lagon sud-ouest de Nouvelle-Calédonie, sujet à d'importants apports de sédiments dus à l'érosion et aux activités humaines. Une équipe de l'IRD a développé un modèle hydrodynamique qui leur permet de déterminer l'impact de la marée et du vent, facteurs essentiels de la circulation des courants, et d'étudier la circulation des fines particules en suspension. Ce modèle, l'un des premiers aussi élaborés utilisés en milieu corallien, constitue un outil indispensable pour le suivi et la prévention de rejets dans le lagon. Il est également utile à la mise au point d'autres modèles plus complexes destinés à faire progresser les connaissances sur le fonctionnement et l'évolution biologique de cet écosystème.

Le développement urbain de la presqu'île de Nouméa, l'activité minière, l'érosion naturelle ou artificielle de l'île sont à l'origine d'importants apports qui peuvent constituer une menace pour l'équilibre biologique et la richesse du lagon sud-ouest de Nouvelle-Calédonie. Depuis plusieurs années, des chercheurs de l'IRD tentent de quantifier ces apports et d'évaluer leur impact sur l'environnement côtier.

C'est très technique comme article.

Vers la fin on peut lire:

Ce système peut être ainsi utilisé pour prévoir l'évolution du phytoplancton dans le lagon en particulier durant les périodes de crues. Du fait du transport et du mélange vertical des nutriments à l'embouchure des rivières, de fortes hausses de concentrations de ces nutriments peuvent en effet favoriser le développement du phytoplancton et, éventuellement, conduire à l'eutrophisation du lagon.

(1) Ces recherches relèvent du programme ECOTROPE de l'IRD, intégré au PNEC (programme national français de l'environnement côtier) en 1999. (2) Les travaux antérieurs des chercheurs de l'UR 103 CAMELIA sur la modélisation hydrodynamique du lagon a donné lieu à un atlas hydrodynamique publié en 2001 conjointement avec ZoNéCo (Programme d'évaluation des ressources marines de la zone économique de Nouvelle-Calédonie).


Nous pouvons donc, après consultation du dictionnaire découvrir que l'IRD pense qu'après les crues, l'eau des embouchures se charge de nutriments et veut évaluer cet apport...

Je pense que ce modèle doit être en urgence un outil fondamental d'un réel état des lieux des zones sinistrées ou menacées, atteintes dans leurs paysages.

Aucun chiffre, même global, n'est donné dans cet article!

Le projet de schéma minier, dans sa partie descriptive est très intéressant et ne se voile pas la face:

On peut y lire:

C’est ainsi qu’au début des années 1970, une accumulation de stériles sur le flanc d’une crête s’est effondrée, à l’occasion d’une importante période pluvieuse, et est venue barrer la rivière Ouha à Népoui, créant ainsi un lac artificiel, lui-même ayant englouti un village minier installé en amont dans la vallée. C’est la période, avec le « boom », qui a engendré les plus grands dégâts infligés aux massifs miniers. On a également vu plus haut les dommages occasionnés par la recherche minière durant cette période,

On peut se faire une idée très grossière des quantités de stériles générées depuis l’origine en retenant, pour une tonne de minerai produit, les ratios de stériles (entre 1 aux temps fastes des pinonniers exploitant des filons verts avant 1920 et 3.5 de nos jours ou la teneur faible fait décaper et remuer beaucoup plus de terre) ... Dans certaines exploitations ce même ratio peut atteindre aujourd’hui 6 stériles pour un minerai.

On voit donc que 600 millions de tonnes de stérile ont sans doute été générées dont 100 à 120 millions de tonnes sont probablement dans les creeks aujourd’hui ou à l’embouchure des rivières.

En 2002, le secteur minier a produit 6,5 millions de tonnes de minerai et 16,5 millions de tonnes de stériles environ (ratio : 3,5).

A tonnage d’exportation constant, l’augmentation de capacité de la SLN à 75 000 tonnes de nickel contenu et la construction des deux usines nouvelles (Goro et Koné) entraîneront la production de 16 millions de tonnes de minerai environ dont 12 seront à traiter sur place. Le manipulé annuel sera de 47 millions de tonnes au total dont 42 millions seront à stocker sur place sous forme de stériles miniers, de scories des usines pyrométallurgiques, de rejet des boues issues de l’usine hydrométallurgique, additionnées du calcaire de neutralisation.

Les montagnes de la Nouvelle-Calédonie ont été très abîmées par l’exploitation minière et il est nécessaire de réhabiliter progressivement les zones dégradées. Cela risque de coûter très cher.


Ce sont les techniciens de la DIMENC qui nous livrent ces quelques données, avec le commentaire.

Je n'en ajouterai pas ici.

A part, tout de même, que l'on ne peut réduire les phénomènes d'érosion et de lessivage à la seule question des stériles.

http://www.ird.fr/fr/actualites/fiches/2005/fiche220.htm#a0

Mais revenons à l'IRD...

En 2005, enfin une étude sur l'impact des activités humaines:

L'article une fois de plus explique les processus et perspectives techniques des recherches mais aucune évaluation des érosions dues à des causes diverses.

Le lagon qui entoure la Nouvelle-Calédonie est connu pour sa grande biodiversité et la fragilité de ses récifs coralliens. Quels sont les impacts sur ces milieux des activités anthropiques, liées principalement à l’urbanisation et à l’industrie minière, et des apports provenant des rivières résultant de l’érosion naturelle des sols ? Les chercheurs de l’unité Camélia, du centre IRD de Nouméa, se sont emparés de cette question. Leurs travaux portent principalement sur le lagon sud-ouest, aux alentours de Nouméa, la capitale, où réside la moitié de la population. Ils concernent plusieurs aspects, notamment la recherche sur l’accumulation des métaux dans des organismes marins, l’étude des courants responsables de la dispersion des matériaux apportés par les rivières, ou encore l’analyse de la qualité des eaux marines (éléments dissous, suspensions). La turbidité constitue en effet un facteur limitant pour le développement des coraux car elle réduit la pénétration de la lumière dans l’eau. De plus, les particules fines en suspension drainent des métaux susceptibles de contaminer les écosystèmes aquatiques.

Le décalage entre l'expression "se sont emparés de cette question" et l'étroitesse de la zone embrassée "aux alentours de Nouméa" prêterait à sourire si nous étions sûr qu'en 2007 nous ayons à disposition, un état des lieux des zones polluées et polluantes, des côtes et des récifs.

On peut supposer que les modélisations décrites dans ces deux articles Internet seront celles qui serviront à l'évaluation du projet de rejet marin sur lequel statuera le CEREGE qui a dores et déjà validé le procédé scientifique mis en oeuvre par Goro-Nickel...



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Vive le chômage 2

Vive le chômage II

Par cyberdam, dimanche  6 novembre 2005


Mail largement expédié suite au communiqué électronique du Gouvernement.

Encore une fois les droits des travailleurs...

Hoÿ,

La dernière dérogation au droit du travail accordée par le gouvernement aux entreprises engagées dans la construction de la centrale de Prony le fut courant septembre pour s'appliquer.... dès la fin Juillet !!!

        Voir le billet : vive-le-chômage

Cette fois nos décideurs évitent le ridicule en n'indiquant aucune date d'application.


texte intégral du communiqué :

COMMUNIQUE DE LA PRESIDENCE DU GOUVERNEMENT

REUNION DU 03 NOVEMBRE 2005

Goro Nickel : dérogations à la durée du travail

Le gouvernement a pris un arrêté accordant une dérogation à la durée du travail à la Sodexho et à PSA Sarl, deux sociétés intervenant sur le chantier de construction du projet Goro Nickel, pour permettre à leurs salariés détachés d'effectuer des horaires de travail pouvant atteindre une durée maximale absolue de 60 heures par semaine, dont 40 heures au maximum au titre de travaux pénibles.


Prony énergie a évité l'emploi de travailleurs philippins, mais à quel prix?

"Philippiniser" les conditions de travail des locaux!!!


Je reviens sur cet article fin 2006 alors que ces genres de communiqués se sont succédés régulièrement sans émouvoir qui que ce soit au point que plus d'une trentaine d'entreprises sont maintenant concernées par cette dérogation.

A priori, ce genre de mesure ne semble pas destiné à favoriser l'accès au travail  des jeunes de Yaté...
Je l'écris sans ironie: passer d'une activité de subsistance pépère à l'enfer industriel à haute dose n'est pas si évident.

Le plus ridicule, c'est que certaines de ces entreprises, pour des raisons perturbatrices diverses, ont en plus bénéficié du droit de placer certains personnels en chômage partiel!


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Information sans suite

Information sans suite

Par cyberdam, mardi  6 décembre 2005

Le 22 septembre 2005, au cours d'une réunion d'information au sujet du projet Goro-Nickel, l'animateur promit que les nombreuses questions laissées sans réponses seraient abordées au cours d'un programme suivi de rencontres.

La prochaine réunion devant se dérouler un mois plus tard, j'envoyais un mail autour de ce délai pour m'enquérir de la date précise.

Mail à Goro-Nickel le 21 octbre 2005 :


Bonjour

Ayant apprécié le lieu de débat offert par la société Goro-Nickel à la population, je désire connaître les lieux et dates des prochaines réunions d'informations prévues sur le Mont-Dore et Yaté.

Merci pour le renseignement.

Faugerolles Damien


La réponse de la chargée de communication :


Bonjour,

Les dates sont généralement affichées en tribu et au centre de coordination de Yaté, et diffusées dans la presse. Rien de prévu pour le moment.

Catherine Guillaume Directrice Communication Goro Nickel Nouméa


Je poste ce billet début décembre, à ma connaissance il n'y a pas eu d'autre réunion.

En définitive, ces rencontres que l'on nous dit inspirées par la volonté de transparence n'ont pour but que de rassurer les naïfs et d'évaluer la contestation et ses arguments.

Ce genre de pratique, nous l'avons aussi connu avec l'Usine du Nord.

Le double avantage : apparaître ouvert au dialogue tout en récupérant les arguments de l'opposition.

C'est exactement la même hypocrisie qui est mise en pratique avec les réunions du Comité d'Information qui n'informe pas, de Concertation qui interdit la parole aux écologistes, de surveillance de l'Impact Environnemental réduit au seul "gros tuyau" de l'effluent liquide de l'Usine de Goro.

De la même façon, ces réunions annoncées comme mensuelles, sont épisodiques: trois pour la première année, deux seulement la seconde quant au CICSIEUG. Dans le cas de ce Comité, la mensualisation fait l'objet d'une délibération votée par la Province Sud qui déroge aux règles qu'elle a elle-même fixées.


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Marche et pétition

Marche du 04/11/05

Un record d'unanimité contre l'usine du Sud.

Mail envoyé aux associations, aux partis politiques et à quelques syndicats dont j'ai l'adresse.

La rue unanime

Hoÿ !  bonjour à tous,

L'article relatant notre marche contre le projet Goro-Nickel n'a pas fait la une des Nouvelles : il s'est trouvé relégué à la quatrième page. La priorité du quotidien, le week-end, c'est de nous narrer ce qui se passait il y a... trente ans. Cet article, de surcroît, ne semble pas avoir été incorporé au site d'archives, aussi c'est de mémoire que je cite le nombre des participants annoncés : un peu moins de trois cents personnes.

 

Si le nombre des manifestants ayant tenu le pavé de Nouméa de 8 heures à 18 heures à peu près ne fut pas, pour une fois, ridiculement sous-évalué, veuillez noter que nous avons réalisé une sorte de record d'unanimité : les pages de pétitions circulant dans le cortège recueillirent 427 signatures !!! 427 personnes contre le projet Goro-Nickel sur 300 participants recensés : des représentants coutumiers ou des comités autochtones, ceux d'associations écologistes ou de syndicats, des jeunes et des mamies, jusqu'à certains policiers fermant la marche signèrent pour un texte sans équivoque que je reproduis ci-desous:


PÉTITION CONTRE LE PROJET GORO-NICKEL

  • Vu le projet incomplet et insincère déposé par l’industriel ;
  • Vus les essais préliminaires non représentatifs du procédé commercial envisagé ;
  • Vu le non respect des accords de Kyoto pour les émissions de gaz à effet de serre envisagés par le projet ;
  • Vu l’illégalité de la défiscalisation accordée par l’état français en vertu des dépassements prévus des normes européennes au niveau des effluents marins et aériens, entre autres ;
  • Vus les manquements à la loi organique : pas de schéma directeur de développement, pas de schéma minier, pas de Comité consultatif pour l’environnement, pas de représentation effective des associations de défense de l’environnement dans les Comités existants ;
  • Vu l’illégalité de l’autorisation d’exploiter signée par le Président en contradiction avec l’avis de sa Direction des Ressources Naturelles et sans l’avis du Conseil des Mines ni celui du Comité consultatif des Mines ;
  • Vu l’absurdité économique, écologique, culturelle et sociale de ce projet ;
  • Vu la richesse relative du Pays qui n’a pas un besoin urgent de «vendre son âme» ni son minerai qui ne risque pas la baisse de sa valeur au contraire ;
  • Vus les dégâts à l’environnement irréversibles envisagées dans une région unique au monde pour sa biodiversité et la beauté de ses paysages ;

Les sous-signés, personnellement ou au nom de l’association dont ils sont responsables, se déclarent fermement contre la mise en œuvre du Projet Goro-Nickel et pour l’arrêt de tous les travaux ne concernant pas directement la première tranche de la Centrale Prony Energie destinée à la fourniture d’électricité au public.


Le 23 prochain aura lieu la réunion du Comité d'information qui n'informe pas, de concertation qui nous exclut, et de suivi qui ne se réunit que trois fois au lieu des douze prévues au sujet de l'usine de Goro à 9 heures au Congrès. En plus des 427 signatures recueillies le jour de la manifestation, apportons à Monsieur Gomez le plus de signatures possible à recueillir d'ici là. Pour ce faire, je place en fichier joint le texte qui peut être imprimé et copié.

 

Ce qui m'a le plus ému, ce sont tous ces gens qui m'ont remercié de défendre le peuple kanak, pourtant je ne fais que défendre l'environnement mais tout le monde semble avoir intégré que la culture kanake ne peut survivre sans son écrin de Nature. Les aspects scandaleux du projet Goro-Nickel arrivent à fédérer tant de sensibilités et d'énergies contre eux que l'on se prend à espérer une large mobilisation sur une vision du pays et de son développement plus harmonieuse, respectueuse de la Nature et de ses invités... les humains.

 

Merci à tous pour cette belle leçon d'humanité : plus jamais les politiques ne pourrons nous raconter que les opposants au projet d'usine du Sud ne sont qu'une poignée d'agitateurs inconscients en quête de publicité!!!



Photos Mike Holsken

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Réunion Mont-Dore

Réunion d'information  projet Goro-Nickel

Mairie du Mont-Dore le 22 septembre 2005

Présentation

Un petit encart dans les "Nouvelles" suite à la visite de Goro-Nickel à l'île Ouen annonçait la tenue de réunions d'information dans les quatre tribus de Yaté. Quelques jours plus tard, la mairie du Mont-Dore était ajoutée à la liste.

La réunion démarra passablement en retard, la salle étant occupée par la session d'un Sous-Comité du CICSIEUG qui, à ma connaissance ne fit pas l'objet de publicité par voie de presse.

Je remarquais la présence de sénateurs et d'autres coutumiers à cette réunion mais pas de représentant des associations écologistes. Quand le Maire de Yaté est sorti je lui ai demandé la date du prochain Comité Environnement ; il l'ignorait. Quand j'ai dit que les statuts de ce Comité prévoyait une réunion mensuelle; il m'a répondu que désormais "on" préférait travailler en Sous-Comité... et s'est vite détourné pour saluer quelqu'un d'autre.

Je dois avouer que je me plante quand je réclame l'accès des associations dans les travaux des Comités au sujet du projet Goro-Nickel. Il aurait été plus judicieux de ma part de m'assurer, avant, qu'il y a bien quelqu'un que ça intéresse... En effet, l'absence des défenseurs de la Nature aux réunions qui sont accessibles au public ne peut être expliquée uniquement par la rouerie des institutions à retenir les informations et à noyer le projet dans les sous-comités et contre-expertises. L'horaire de cette réunion (début à 16h en semaine) fut un handicap pour une participation nombreuse de ceux qui ont des obligations familliales et professionnelles.

Le Comité provincial se nomme Comité d'information et de concertation... Il vient de se doter de sous-comités sans information ni concertation. J'ai envoyé plusieurs mails à la Province pour obtenir la date de la réunion suivante. J'ai reçu des réponses tant qu'elle ne fut pas décidée... puis plus rien. Et le Sous-Comité s'est réuni sans publicité et sans la présence d'opposants au projet.

Si j'avais eu l'info, j'aurais assisté à la première réunion... tant pis. J'adresse donc à toutes les associations qui sont dans mon carnet d'adresse le compte rendu de la seconde, pour ne pas faire de jaloux... à toute fins utiles.

Vous constaterez aussi que la fin abrupte de la scéance ne m'a pas permis d'aborder l'épineux problème du rapport de la DRN que le journal "Les Infos" a mis en avant quelques jours plus tard.

J'espère que ceux qui sont intéressés par la participation aux prochains débats feront pression sur l'organisateur pour en modifier l'horaire.

    Réunion d’information Goro-Nickel Mairie du Mont-Dore le 22 / 09 / 05

- Avancement du projet
- Questions-réponses
- Avis de la DRN
- Conclusion
- Quelques notes

  • Cours du Nickel
  • CICSIEUG
  • Prony Energie

Avancement du projet :

Un élu ouvre la réunion avant de s'éclipser et le chargé de communication d'Inco dont je n'ai pas réussi à capter le nom présente l'avancement du projet : la construction du port, le bétonnage d'énormes bassins, le terrassement du site et du Col de l'Atenne sont les plus gros travaux évoqués pour les deux prochains mois.

 

Des centaines de sondages géotechniques sont réalisés sur le site afin de déterminer la possibilité d'asseoir l'usine sur un sous-sol comportant failles et poches d'eau.

D'autres informations sont dispensées sur la participation des calédoniens aux formations et aux emplois : à Yaté, 111 dossiers pour 8 embauches et 24 formations sur le Mont-Dore 588 dossiers pour 5 embauches et 9 formations.

Des femmes de service, dockers, et chauffeurs principalement.

Les partenaires japonnais exigent des normes de sécurité très strictes avec l'objectif considéré praticable de "zéro accident". Une équipe d'inspection du travail effectuera un contrôle continu et toute embauche est assortie d'une formation à la sécurité.


Questions-réponses

Puis a lieu la scéance des questions-réponses. J'ai inséré les questions dans l'ordre ou je les avais préparées ce qui ne correspond pas toujours à l'ordre du déroulement.

La première intervention est celle d'un coutumier qui a l'air en colère : il reproche à Goro-Nickel de vouloir couper la montagne du Col du Téléphone alors que ça n'était pas prévu dans le projet initial.

Ces travaux sont nécessaires pour pouvoir accéder au site avec n'importe quel engin par tout temps (réduction de la pente et élargissement).

Un participant demande si le tuyau conduisant la pulpe de la mine au centre industriel passe par ce col. En effet c'est ce qui est envisagé, un élu ajoute qu'abaisser le col de trente-cinq mètres diminuera les coûts de pompage. Le vieux kanak indique que l'on ne doit pas couper la montagne mais faire traverser la conduite.


Les questions suivantes sont celles que j'avais préparées ; celles qui n'ont pas été posées ont été victimes du manque de temps.

Quand aura lieu la prochaine réunion du Comité D'Information de Concertation et de Suivi sur les Impacts Environnementaux de l'Usine de Goro?

La vingtaine de participants, coutumiers ou élus mondoriens tournent la tête en tout sens car l'animateur de la réunion (service des relations communautaires de Goro-Nickel) l'ignore, tout comme eux. C'est un coutumier qui annonce le 27 du mois prochain.

Je rappelle que la loi oblige ces réunions à la mensualité et que les représentants écologistes en sont exclus.


A qui sera vendu le minerai calédonien ? Quelle part sera destinée à la fabrication d'armements ?

C'est le Nickel qui sera vendu, c'est toute la problématique du projet de transformer l'un en l'autre. C'est l'industrie chinoise qui absorbera le métal produit. Un élu m'explique que si tous les chinois veulent un téléphone portable, avec la quantité cela fait un énorme marché.

Je répond que l'attaque du marché européen de l'automobile par les copies de 4X4 américains consomme assurément plus que la téléphonie.

Je rappelle que la Chine, gros pollueur mondial, n'a pas signé les accords de Kyoto, pratique la peine de mort de façon intensive, fabrique des armes nucléaires qu’elle pointe sur ses voisins, entasse les émigrés des campagnes dans des cités dortoirs jouxtant les immenses ateliers des cadences infernales et de la productivité imbattable.

L'industrie du Nickel connut en effet un essor important grâce à l'équipement des armées du second conflit mondial et encore aujourd'hui certains pensent que le cours est soutenu par l'occurence des guerres importantes mais les applications civiles ont énormément progressé désormais.

Aucun chiffre précis dans le domaine..


Le cours du Nickel se situe depuis un an autour de 14000 $/tonne. Sur vingt ans la vente rapportera donc: 16 Milliards 800 Millions de dollars US. Nous savons que l'investissement est estimé à 2 Milliards de dollars, quel sera le coût de fonctionnement ?

Bonne question... La réponse sera transmise lors de la prochaine réunion...


Quelle sera la part de la fiscalité, des dépenses sur le Territoire, des importations dans ce coût ?

Pas abordé.


Une exigence de rendement de quinze pour cent de la part des actionnaires, sur vingt ans cela fait trois cent pour cent de retour sur investissement. Vrai ou faux?

        Bonne question... La réponse sera transmise lors de la prochaine réunion...


Dans ces conditions, comment invoquer des raisons économiques pour refuser:

  • La désulfuration des fumées de la Centrale et de l'usine d'acide.
  • La mise en oeuvre d'un procédé industriel conçu propre dans son principe (ph plus élevé)
  • L'étanchéification de la décharge de boues au minimum ; le recyclage de ce déchet encombrant à des fins agricoles ou pour le BTP doit être envisagé en priorité.

Je n'ai posé que la question de l'étanchéification de la décharge.

A ma grande surprise, il m'est répondu que l'étanchéité est préconisée par l'INERIS et donc fait partie intégrante du projet. Je réponds que c'est le rapporteur Trombonne qui a fait de cette réalisation une condition suspensive au projet ; condition qui n'a jamais été acceptée par Goro-Nickel... Mon interlocuteur va se renseigner... mais pour lui, si ces travaux ont étés prescrits, ils doivent être réalisés.

J'indique que c'est la nappe phréatique qui est en jeu. Je suppose qu’étanchéifier ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. Le rapporteur Trombonne est très clair sur le sujet et les travaux envisagés par Goro-Nickel, c’est à dire tasser de la limonite dans les crevasses et sur le fond, n’ont rien à voir avec ses prescriptions !


La ressource en eau douce du site est-elle désormais définie ?

C'est bien le Lac de Yaté qui a été choisi pour l'alimentation en eau du site. Une conduite à peine moins grosse (800 mm) que le gros tuyau de Nouméa doit être enterrée sur trente-deux kilomètres. Imaginer le chantier du gros tuyau traverser La Madeleine m'a laissé muet pour le coup.


Quel est le fournisseur prévu de charbon et quel sera le port de chargement? L'invasion par la fourmi de feu via le port de Brisbane est un danger soulevé par la DRN.

On ne sait pas exactement mais ce ne sera pas Brisbane pour le charbon. Le risque concerne donc d'autres fournitures. Il est souligné que la fourmi de feu est bien pire que sa cousine électrique, aussi une surveillance stricte doit être mise en place.


Le procédé de combustion "à lit fluidisé circulant", beaucoup moins polluant, a été choisi par la SMSP pour son projet du Nord, pourquoi pas dans le Sud ?


La Centrale est en premier lieu destinée à satisfaire le public, aussi, cette technologie n'est pas appropriée.


Je rétorque que selon Enercal le choix de ce matériel a pour vocation de satisfaire l'industriel... et que, s'il est vrai que les fluctuations rapides de la demande publique interdisent l'emploi du lit fluidisé pour la première tranche, la seconde dédiée à Goro-Nickel doit fonctionner en continu.


Mon interlocuteur veut me convaincre que le choix de la centrale a été faite par des gens ignorant le changement des normes européennes... C'est un peu gros à avaler à ce niveau de décision !


L'article du début de la semaine annonçant la présence de veines d'amiante dans le col du téléphone est-il pertinent? Cet aspect n’a pas été évoqué spontanément au cours de la présentation des travaux. De l'amiante a bien été repérée dans quelques échantillons de façon localisée bien au-dessous des "seuils de désamiantage" ; nous avons affaire à de la serpentine qui n'est pas la forme d'amiante la plus dangereuse (trémolite). Les conducteurs d'engins travailleront en cabines hermétiques. Qui croire, que penser?

Amiante

Photos Mike Holsken

Dans une réunion de Comité suivante, il fut affirmé qu'une seule fibre d'amiante fut décelée sur plus de cent échantillons envoyés dans un labo métropolitains. Certains promeneurs semblent plus débrouillards que les techniciens d'Inko, non?


Inco limited a été condamnée à payer une amende de 375 000 dollars après avoir plaidé coupable à cinq accusations concernant des rejets d’anhydride sulfureux en 1995, 1997 et 1998, issus de son complexe de fonderie de Copper Cliff, à Sudburry. Pourrait-on en savoir plus sur les dégâts occasionnés par ces accidents?

Pas abordé.


Est-ce que la cuisine de la cantine de Goro se relèvera au sulfate de manganèse ? C'est du sel non ? Rires jaunes. Je n'insiste pas sur le sujet puisqu'il va y avoir une nouvelle expertise mais un élu mondorien s'empresse de m'indiquer que le gros tuyau n'est pas si dangereux, que seul le Manganèse pose problème...etc. Il m’indique une norme permettant 1mg/l de Manganèse dans les robinets européens ??? Tandis que les 100 mg /l prévus représentent un maximum pour l’effluent dont le taux moyen sera seulement de 65 mg/l… J’ai évité de provoquer cet élu si brillant à défendre le projet industriel en lui faisant remarquer que si il doit y avoir une nouvelle expertise au sujet de l’effluent liquide, c’est peut-être que tout n’est pas si simple…


Quand il m’a été reproché de ne voir que les aspects négatifs sans me soucier des emplois créés, j’ai répondu que le Comité de Pilotage qui s’occupe de cet aspect de la situation avait cru bon d’expulser l’aspect environnemental dans un autre Comité pour être plus à l’aise. Alors, qu’on me laisse parler d’environnement sans ramener les emplois créés !


Avis de la DRN

Le vingt Aout 2004, le rapport de la DRN à la Province Sud qualifie l'étude d'Impact:


Sur la forme très peu accessible pour le public ne reflète pas correctement la réalité de la problématique environnementale... inacceptable sur la forme des incohérences et des omissions importantes par rapport à ses propres annexes, etc.

Une nouvelle consultation de la population est-elle envisagée sur des bases plus claires, présentant le projet avec toutes ses modifications ? Pas abordé. Je recherche des partenaires pour soutenir cette exigence.

Sur le fond la demande présente des lacunes importantes dans l'analyse de l'état initial des milieux terrestres, marins, aquatiques. Pourquoi une seule étude complémentaire ?

Pas abordé.

Consulter le rapport sur le site Inkomania


Alors que l'évaluation de certains impacts sur les milieux naturels n'est pas satisfante, à tel point que les fonctionnaires provinciaux remettent en cause « la recevabilité de l'étude d'impact et le caractère régulier de la demande d'exploiter le site industriel ». Goro Nickel a-t-il effectué une étude d'impact et de dangerosité:

  • Pour le port de Prony ?
  • Pour la mine (et son équipement industriel de préparation du minerai) ?

Pas abordé. Je recherche des partenaires pour soutenir ces exigences.


Conclusion :

Les participants ont été invités à venir prendre connaissance des réponses aux questions le mois suivant, au cours d’une nouvelle réunion d’information.

Je pense qu’il y a là un lieu praticable pour faire entendre les interrogations, craintes, objections au projet. Disposant de temps libre, je peux classer et présenter lors de la prochaine session les questions et opinions que l’on voudra bien me transmettre. L’organisateur envisage la tenue de réunions sur des thèmes précis, au besoin.

Je pense transmettre les questions par écrit à l’avance à Goro-Nickel pour gagner du temps lors des réunions. Comme vous pourrez le constater, j’en ai encore en réserve.

Quelques mois plus tard personne n'a répondu à mes questions en suspens vu qu'il n'y a plus de réunions d'information. J'ai l'impression que ce genre de manifestation est utile à Inko pour connaître les arguments des détracteurs et ainsi pouvoir étayer leur propre argumentation.


Quelques notes :

Cours du Nickel :

Le cours du Nickel est très variable: entre 1970 et 1987 lente progression jusqu'à plus de 6000 dollars la tonne de métal avant retour à moins de 4000 qui s'avère par la suite la valeur plancher. Flambée fin des années quatre-vingt qui voit les moyennes mensuelles atteindre 18000 dollars puis lente désescalade jusqu'en 94. Le cours semble osciller entre 4000 et 8000 dollars jusqu'en 2004 mais cette fois, un plateau d'une année s'observe après une progression record autour de 14000 $/tonne. En Janvier 2002 le cours en creux de vague est de 5840$, un peu plus de 8000 en janvier 2003.

CICSIEUG :

Comité d'information, de concertation, et de surveillance sur les impacts environnementaux de l'usine de Goro 09/10/04 Réunion à Goro, seulement deux autres depuis pour entériner la nouvelle expertise et évacuer les autres problèmes... dont l'amiante dont on apprend l'occurence sur le chantier par la presse.

Prony Energie :

Proposition à Goro Nickel de 2 fois 50 Mwatts au charbon le 7 aout 2001 pour une mise en service en 2004. Changement des normes Européennes le 2 Juin 2002. La décision n’a pas anticipé un changement de normes draconien qui ne pouvait-être ignoré de professionnels à ce niveau d’investissement.


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Vive le chômage 1

Vive le chômage !

Par damcybermite, vendredi  9 septembre 2005


Au turbin pour les turbines !

En scéance du 08 septembre 2005, le gouvernement a pris un arrêté autorisant les entreprises VINCI et DUMEZ à faire travailler leurs salariés jusqu’à 51h30 par semaine sur le chantier de construction de la centrale thermique de PRONY ENERGIES à GORO. Le rythme de travail sera établi sur un maximum de 2 mois soit du 30 juillet au 1er octobre 2005, les délais de livraison des travaux par tranche étant fixés au 23 août et au 09 octobre 2005. Enfin, les entreprises devront s’assurer du roulement du personnel soit 40 personnes. Ainsi, la durée demandée ne concernera pas les mêmes salariés pendant les 2 mois complets.

Voilà bien un exemple de plus de l'énorme égémonie des intérêts économiques sur nos instances de décision politiques. Notre gouvernement semble bien à la traîne et des acquis sociaux et... du calendrier.

Tout de même, un travailleur qui est autorisé le 8 Septembre à travailler 51h le 30 Juillet devra se lever de très bonne heure pour gagner ses heures sup non ?

Quand aux philippins qui sont attendus pour la construction de l'usine, c'est 60 heures par semaines qu'ils devront bosser...



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Comité verrouillé

Un nom à coucher dehors

Par cyberdam, dimanche 21 août 2005

 

La première chose à faire pour diminuer le prestige de quoi que ce soit est de lui donner un nom ridicule.
C'est la mésaventure qui arrive au Comité chargé des questions environementales du projet Goro-Nickel.

 

Un nom à coucher dehors

 

Je suis sorti révolté de la réunion Du Comité de Pilotage Goro-Nickel le 30 Juin dernier : il n'y fut aucunement question d'environnement, sauf lors d'interventions de Raphaël Mapou du Comité Rhéébù Nù rapidement classées hors sujet.

Cette dichotomie absurde entre les problèmes économiques et sociaux séparés de leur cadre environnemental éclata quand un des rapporteurs de commission proposa le site classé de La Madeleine comme lotissement pour loger les techniciens d'Inco soumis à astreinte!!!

 

Quelques minutes plus tôt R.Mapou s'était élevé avec véhémence contre le passage de la conduite d'alimentation en eau du site industriel en ce lieu sauvage et protégé. Cet éternel partenaire-opposant au projet mais toujours défenseur de la Nature dut s'en étrangler car personne ne cria au scandale.

 

En effet, le Comité RN est la seule association à vocation "éclogiste" admise à siéger dans cette instance... La Province a toujours refusé aux autres associations d'être intégrées aux travaux et aux débats.

Mais le Comité RN est aussi la seule "association écologiste" présente dans une autre entité...

En effet, en me renseignant j'appris qu'il existait un autre Comité chargé spécialement des questions environnementales du projet.
Ici encore le Comité R.N., dès la création, a été nommé opposant officiel à l'exclusion de toute autre association. C'est le Comité Réébhùù Nùù qui a été désigné et non un représentant des associations défendant le peuple kanak, ou la nature...  La situation est ainsi bien verrouillée  et les opposants au projet condamnés à soutenir un personnage au parcours tortueux et aux discours soporifiques.

L'appellation exacte de ce Comité ne me fut révélée que lorsque j'eus la page du journal officiel sous les yeux (attention prenez votre souffle):

Le Comité d'information, de concertation, et de surveillance sur les impacts environnementaux de l'usine de Goro.... CICSIEUG ???

J'en ai inventé un proverbe :

Si tu ne veux pas être dérangé par ton chien : donne lui un nom à coucher dehors !

Et pour éviter les puces ???

Hé bien la loi ne les prévoit pas, c'est simple !


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Lettre ouverte sommaire

Lettre ouverte sommaire

Par cyberdam, jeudi 21 juillet 2005

 

Le titre complet de ce document que j'ai diffusé électroniquement de la façon la plus large possible est:

Lettre ouverte au Maire du Mont-Dore et à ceux qui nous informent.

Le document est désormais en ligne sur le site Inkomania: http://damcybermite.new.fr

                Table des articles

  • Transparence douteuse
  • Mauvaise foi ou mensonge ?
  • La pollution au gré des marées et du vent...
  • Des pics de pollution
  • Le Cadmium
  • Les métaux lourds
  • Il y a Chrome et Chrome... VI
  • La décharge des boues
  • Levons encore un peu les yeux
  • Goro sent le soufre
  • Et voici les gaz à effet de serre !

Conclusion.

  • Annexe 1 : Comparaison effluent / eau de mer
  • Annexe 2 : La pollution calédonienne

Cyberbibliographie

 

Le document complet (20 pages) est disponible sur simple demande par mail.

...et sur le site : Inkomania

voir aussi le billet :"L'incroyable mauvaise foi"


Au moment où j'écris, cela fait deux semaines que cette lettre a été lancée dans les boîtes à mails de toutes les Mairies dont celles du Mont-Dore, dans celles du gouvernement, des Provinces Nord et Sud, des associations écologistes, du Comité Rhéébù Nùù, des organes de presse papier et bien entendu dans celle d'Inko.

J'ai en général été félicité pour la qualité de mon travail par les défenseurs de l'environnement, en particulier par Raphaël Mapou du Comité Rhéébù Nùù, Action Biosphère et quelques autres...

Le rédacteur d'un mensuel a assorti sa bonne appréciation de mon article d'une interrogation sur la fiabilité de mes sources ; elles peuvent être consultées facilement à partir de la page de liens: cyberbibliographie

Mais à part ça ? Le silence

Remarque : Je ne l'ai pas fournie à RFO qui ne répond pas à mes mails demandant une adresse valide pour les fichiers joints... Les pros de l'infos ne sont pas forcément encore à l'aise avec l'Internet...


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Résumé de l'histoire

Résumé de l'Histoire

Par cyberdam, mercredi 20 juillet 2005

Le texte suivant a été présenté à titre de contribution personnelle à la réflexion des participants aux réunions hebdomadaire au Sénat coutumier à l’initiative du Comité Rhéébùù Nùù durant les mois de mars-avril 2005 ; essentiellement des représentants d’associations soucieuses du respect de l’environnement et des droits autochtones.

Résumé de l’histoire, vue par Dam, le cybermite

MwaKaQuand je suis arrivé sur le Kayou en 1983, les Kanaks revendiquaient la restitution de leur dignité et de la Terre de leurs Ancêtres tandis que les vieux Canaques, inféodés aux pouvoirs administratifs et politiques en place détenaient la majorité des chefferies et les quelques mandats électoraux enjolivant la façade démocratique.

Après les années de triste mémoire, la revendication pour la dignité fut aplanie par l’octroi à quelques révolutionnaires, devenus négociateurs, de salaires mirifiques sanctionnant leur statut d’homme d’état, avec pour conséquence collatérale, la jalousie, les rivalités, la cacophonie permanente au sein et entre leurs mouvements variés.

La revendication pour la terre des ancêtres fut apaisée un peu par le baume des millions de l’ADRAF et la création des Provinces mais c’est l’abcès, pardon l’accès à la ressource minière qui mobilisa désormais.

Au début des années 90, au cours d’une réunion à Yaté, j’entendis un leader indépendantiste tenir à peu près ces propos:

  • Les blancs font du tourisme sur nos sites, il faut que nous aussi nous apprenions à accueillir les gens!
  • Les blancs exploitent la terre de nos ancêtres ! il faut que nous aussi, les kanaks, nous apprenions les métiers de la mine !
  • Les blancs coupent les arbres de nos forêt ; il faut que nous aussi nous apprenions à couper…

J’ai pensé la suite non-dite : «Les blancs eksploitent les Kanaks depuis longtemps, il faut que nous aussi, les kanaks pensions à exploiter nos frères et sœurs.»

Depuis cette époque je suis désabusé : le bel élan de reconquête humaniste a sombré dans le mercantilisme le plus destructeur qui soit, la chicane politique ou ethnique. Le seul consensus émergeant : éventrer la Terre sacrée pour vendre du minerai de nickel, comme les blancs.

Le Mwa Ka qui devait servir de symbole emblématique de l'union des nouzautres (photo), le Mwa Ka m'évoque de façon insistante un totem iroquois planant sur Canadaky.

Dans le monde entier des usines pourrissent l’atmosphère et la mer pour la fabrication de millions d’armes de tous types, de millions de véhicules polluants, juste assez solides pour atteindre la durée de garantie, de milliards de jeux et de gadgets pour le confort et la distraction des riches de la planète drogués à la consommation ; des usines qui tournent à plein régime en broyant du pauvre.

Qui va faire quoi avec ce nickel?

Ça n’est pas une bonne question?

Non, car les seules réponses que j’entende, les seules qui semblent importantes sont : à qui va-t-on le vendre ! combien de dollars la tonne ! Combien d’emplois créés ! Et, avant tout, avant tout, combien d’impôts on ne paiera pas?!!!

Il n’y a pas de vision kanake pour la Grande-Terre.

Depuis la Colombie les indiens Kogis lancent un cri d’alarme : « Arrêtez cette folie de l’industrialisation à outrance pour produire des futilités ! La planète en crève ! » En Australie, ils trouvent un écho chez certain peuple aborigène en passe de disparaître, sur les atolls du Pacifique rongés par les houles du réchauffement climatique… et dans de nombreux laboratoires de climatologie du monde entier aussi.

Les Kanaks du Kayou, que cherchent-ils? Que nous disent-ils? Quelles sont leurs envies et leurs rêves propres? Sur mon livre d’or, à Pourina, L. M. de Unia en visite pour un coup de pêche écrivit:

«C’est toujours agréable de voir que le mode de vie de nos vieux n’est pas si mal en cette fin de XXè siècle où le monde a l’impression de marcher à reculons. Bravo et merci de pouvoir montrer aux autres que les kanaks ont un art de vivre, peut-être à nous-même aussi qu’il faut arrêter de singer.»

Puisse-t-il convaincre la jeune génération de repousser au plus tard possible la brutale singerie boursicoteuse et industrielle qui ne fera qu’accentuer les inégalités comme partout ailleurs, et dégradera de nouveaux sites avant que l’on soit capable de restaurer les dégâts précédents.

Alors quoi! Va-t-on encore nous bassiner longtemps avec ce faux dilemme ? Indépendance ou République! Qu’importe l’étiquette quand le Kayou sera devenu un dépotoir baignant dans l’eau toxique!

La vraie question c’est de savoir comment on veut vivre!

Faisons témoigner les anciens du Nickel afin qu’ils nous racontent le bonheur de leur douce vie et de leur retraite médicalement assistée ! Actuellement on veut convaincre les jeunes kanaks - et bien d’autres - de faire des formations pour être capables de se faire chier huit heures par jour dans une cabine d’engin ou sur un poste de travail éreintant pour, enfin, être indépendants.

Qui leur explique qu’en Guyane les jeunes de leur âge touchent le RMI sans rien faire d’autre que d’aller à la chasse ou à la pêche quand ils en ont envie? Qui?

Bien sûr, ce n’est pas forcemment un modèle à promouvoir, mais c’est un exemple d’autre organisation ; ici c’est le chomage ou le Nickel !

Qui leur explique que tant que le minerai reste dans le sol sa valeur augmente tous les ans... sans rien faire.

Quelle escroquerie le développement économique si l’on devient esclave de l’argent pour boire, se nourrir, se loger. Quelle escroquerie l’indépendance si on remplace des blancs par des noirs dans la même structure d’exploitation outrancière des ressources naturelles et humaines ! Si l’on sombre dans la frénésie consommatrice débilitante...

Quelle escroquerie de nous pousser à croire que nous n’avons pas le choix, pas le temps!

Le monde doit se recentrer sur l’humain non plus sur les comptes en banques, les dossiers et la technologie! Nous devons construire pour les enfants avant de penser aux automobiles! Regardez où nous en sommes: les voitures vont partout mais les enfants ne sont plus en sécurité nulle part!


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Réaction au Sénat

Réaction au Sénat

Les textes suivants ont été présentés à titre de contribution personnelle à la réflexion des participants aux réunions hebdomadaire au Sénat coutumier à l’initiative du Comité Rhéébùù Nùù durant les mois de mars-avril 2005 ; essentiellement des représentants d’associations soucieuses du respect de l’environnement et des droits autochtones.


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Photos Mike Holsken

Réactions suite à la réunion au Sénat Coutumier du premier mars

Je me propose ici de donner mon sentiment plus qu’un réel compte rendu de cette réunion à laquelle je remercie Raphaël de nous avoir convié. Mon sentiment est nourri en outre par la participation à la réunion précédente, au sujet de l’usine du Nord et à la visite du site de Goro relatée dans Les Gogos.

Les sénateurs présents n’ont pas étés présentés et ne sont pas intervenus??? Malgré les invitations générales à prendre la parole. Les langues kanaks sont ardues ; leurs silences mystérieux…

Ce qui me frappe en premier lieu, c’est, dans les deux cas, l’absence criante des premiers concernés : les gens vivant sur les sites visés par les industriels, et la réduction du Comité en pointe pour la lutte à la seule personne de Raphaël. Réclamer un référendum pour faire s’exprimer des gens qui s’en foutent autant me semble une perte de temps.

Pour expliquer cette apparente indifférence, le fait que même les plus sensibilisées et les plus compétentes des personnes présentes ne disposent que d’informations parcellaires, voire approximatives, et ce fut le gros bénéfice de cette réunion d’avoir procédé à une mise en commun. Un enregistrement des débats audio – ou par prise de notes – devrait être prévu à l’avenir pour créer un document recueillant toutes ces informations, car, quelles que soient les difficultés causées par une nouvelle majorité aussi inféodée au Monstrueux Marché Mondial que le fût la précédente, nous devons absolument mettre au courant la population la plus large de la disproportion du projet d’Inco pour notre Kayou, du décalage qui existe entre la vision de ce qu’est le respect de l’environnement pour un industriel habitué à creuser des trous dans lesquels le Kayou tiendrait à l’aise et celle du pêcheur de Goro par exemple.

C’est une excellente idée de faire l’étude de ce qu’a apporté et détruit à Thio, par exemple, son passé minier sur les plans économique, culturel, environnemental, son impact sur la santé des habitants. Thio existe et peut s’observer plus facilement, avec plus d’objectivité qu’un projet futur. Surtout si les experts indépendant sont nommés par un Gouvernement qui soutient le projet et travaillent sur des bases fournies par Inco. C’est l’exemple admis de ce que l’on ne voudrait voir se reproduire nulle part !

Ce qui ne me rassure pas c’est l’ambivalence floue de Rhéébu Nùù :

Demander l’annulation de l’arrêté autorisant la construction de l’usine et, dans le même cahier de revendications, demander le respect des normes ISO par cette usine.

Qui, à l’heure actuelle, se fait fort d’être une entité portant les intérêts des Chefferies? La demande de ré-affectation du cadeau fiscal consenti à Inko à une telle instance apparaît comme une très maladroite invitation à se faire graisser la patte, acheter. Demander le respect des contraintes pour le développement durable est un non-sens ! Une montagne partie n’est plus ici, définitivement ! C’est en plantant des arbres, de la paille, et tous les autres ingrédients de la culture kanake que l’on peut envisager un développement durable et sauver cette culture par la même démarche. C’est trompeur d’aller réclamer aux gens de se mobiliser pour qu’Inko fasse du développement durable ! C’est impossible par définition comme l’a fait remarquer fort justement un participant que l’on ne peut suspecter de dilettantisme.Le Comité se félicite des actions en justice qui permettrons d’affronter les points de vue malgré la volonté de faire traîner les procédures de pratiquement toutes les administrations locales ou françaises. Le Comité est satisfait, et je le suis avec lui, du soutien d’ONG nombreuses mais il perd de vue que son objectif premier était de créer un électrochoc, une large prise de conscience. Le minime nombre de kanaks, les premiers concernés, présents aux deux réunions signe l’échec de ce côté-là. Un mode de communication contournant les médias officiels doit être envisagé pour mobiliser le plus largement une population mieux informée. Comme par exemple les panneaux de cartons à Saint Louis, bien meilleurs exemples que les feux de pneus dont le caractère écologiste n’est pas flagrant.

Dans le pire des cas, Inko s’installera si les gouvernants leur donnent assez de pognon avec la bienveillance des autochtones qui auront reçu assez de pognon de la part d’Inko et du gouvernement pour se radoucir sous l’œil désabusé des écologistes sincères à qui l’on concédera quelques réserves ornithologiques et un filtrage au bout du gros tuyau, en leur remettant une couche d’empêcheurs de développer en rond (dollars de préférence pour les ronds), d’ayatollahs de l’écologie, etc..

Pour moi, c’est le pire des cas, cela n’engage que moi !

Ce point de vue rejoint parfaitement celui d’un intervenant virulent, parti sur ses mocassins avant que l’écho de son coup de gueule soit retombé totalement.

Le Comité mégote en nous faisant croire qu’il y a des avantages à retirer de la présence d’une telle horreur sur le Kayou, qui puissent contrebalancer les effets négatifs.

Ce projet est nuisible sur tous les plans :

Économique :

Et oui, l’argument clef pour la création de cette usine est un faux argument. Ce capital minier, le minerai de nickel, ne risque pas la baisse au cours du prochain siècle raisonnablement, bien au contraire. Il n’y a qu’à attendre pour le voir tripler (ou quintupler qui peut le dire ?) dans ce laps de temps ! Il y a simplement à attendre qu’il soit devenu rentable d’exploiter tous les métaux présents dans le minerai pour limiter les déchets d’aujourd’hui qui seront la manne de demain. Quel est celui qui refuserait d’attendre pour s’enrichir, préférant aller suer sang et eau pour tout perdre ? Un sacré con ? Pardon, cela m’a échappé…

La compromission avec des industries polluantes rejetant des déchets toxique entravera irrémédiablement la vocation touristique de l’ensemble du pays.

Social :

Renouer avec la vieille technique de la traite d’esclaves est une honte. Les baraquements construits pour loger le sous-prolétariat prévu font penser aux villes champignons du far-west, sans que l’on nous explique où se situeront les saloons et les bordels ! Les autochtones, à quelques exceptions individuelles près, ne sont pas prêts à subir le choc culturel et économique : depuis le temps que les subventions coulent à flot, marées électorales obligent, la minceur du tissu économique créé sur Yaté prouve qu’on se montre encore incapable d’une gestion saine. Pourquoi se mettrait-on à avoir de bonne idées tout à coup. Déjà la manne de l’usine pilote à eu pour effet une généralisation des beuveries – même les femmes se saoulent désormais et les enfants ne sont pas épargnés parfois –, l’exacerbation des rivalités politiques, et chicaneries foncières endémiques sur Yaté depuis tant de temps que s’en est désespérant, la mise en compétition des gens pour obtenir à tout prix un emploi et donc les jalousies afférentes. Le Monstrueux Marché Mondial prête au riches pour qu’ils s’enrichissent encore en veillant soigneusement à maintenir leur pouvoir par l’abêtissement et la pauvreté des travailleurs, dans le monde entier ! Pourquoi en serait-il autrement ici ? Les usines ne feront que creuser, qu’accentuer l’écart entre les plus riches et les plus pauvres ! C’est le résultat universel de cette approche du développement dans le monde entier, il n’y a qu’à ouvrir une télé pour le constater ! Fossé au sein des tribus entre les travailleurs et les bons à rien, entre ces derniers et les cadres étrangers qui iront dépenser leur pognon ailleurs en grande partie, comme le font déjà bien des 5,5 et des fortunés locaux.

Éducatif :

Les formations spécifiques que l’on sert de façon démagogique, tout du moins publicitaire, de quelques spécialistes et cadres locaux enferme encore plus dans le tout-nickel! Une culture qu’il faudra bien abandonner si l’on veut gagner un tant soi peu vers un rapport plus harmonieux et respectueux des humains envers la nature… et des humains entre eux.

Culturel :

Qu’y-a-t-il de kanak dans ces bouts de manous et ces paquets de cigarettes manufacturés, dans ces billets de banques qui ont remplacé la natte et l’igname ? Et quand la construction de case commence chez le quincaillier ? Cette culture est déjà presque sinistrée dans le Sud. Quelle est la part de culture océanienne dans les luxueux fauteuils en cuir du sénat coutumier ? Un peu d’esprit de dialogue, de respect et de partage noyé par les pesanteurs des habitudes incomprises par la jeunesse. Sur la Grande Terre tout du moins, la culture kanak se fait broyer lentement mais inexorablement par l’uniformisation mondiale pognonique. Quand on aura lâché les champs pour l’usine, quand les fruits de mers seront toxiques et les poissons grateux, nous serons conviés à déplorer un anéantissement radical, la mort d’une langue, d’une philosophie de vie, de savoirs et savoir faire sans prix car uniques au monde. Qui peut résister au miroir aux alouettes de la consommation, du luxe, de l’argent facile ?

Écologique :

La mine de Ouiné est un exemple frappant de mineur satisfait d’avoir – alors qu’aucune loi ne l’y contraignait à l’époque et c’est plutôt à son honneur– d’avoir réalisé un énorme travail de lagunage pour la décantation des eaux de ruissellement forcement boueuses. Quatre-vingt pour cent de pollution bloquée annoncés ! Et la mer rouge jusqu’au grand récif à chaque grosse pluie, bien que la mine ne tourne plus depuis une vingtaine d’années !


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On a déjà une usine: derrière la fumée...

L’usine de Doniambo est un exemple d’établissement répandant sur une ville poussières toxiques, fumées entraînant un taux d’asthme record au vu et au su de tout le monde – sauf les aveugles évidemment. Les successifs responsables de l’environnement ont-ils étés recrutés parmi eux jusqu’ici ?

Et on veut nous faire croire que des gouvernants qui n’ont ni la motivation, ni les moyens de s’attaquer à cet état de fait, seront à même de dicter à une multinationale aussi puissante qu’Inco un comportement plus respectueux. Il faut être très naïf ou un peu fou pour le croire !
Respecter l’environnement pour un industriel, ou pour l’armée des essais de Mururoa ne veut pas dire la même chose que pour vous et moi ! On nous a expliqué lors de cette réunion que pour des raisons juridiques complexes, il suffit pour l’industriel qu’il n’y ai pas trop de morts tout de suite dues à ses installations pour qu’il soit satisfait, car quasiment intouchable juridiquement !

Tout comme veut l’être l’État français actuellement, en refusant de reconnaître les expositions aux radiations passées comme cause des cancers actuels de ses personnels et des autochtones. Bien des foyers tahitiens de cette époque nucléaire étaient agréablement décorés avec des posters de champignons atomiques et un silence féroce régnait au sujet des malades soignés gratuitement, bien loin des leurs, par l’Etat nucléaire à l’Hôtel Dieu, à Paris. Pourquoi ce silence ? Par peur que si on l’embête trop, la Nation généreuse cesse désormais de pourvoir aux soins des proches, et, encore pire que les essais cessent… On voit déjà dans le Sud des tee-shirts Inco… et presque ancun Yaté ne parle dans les réunions au sujet d’Inco. La Kué Buni polluée ainsi que la cascade de Goro, déjà, quand nous n’en sommes qu’aux préparatifs ! Une usine pilote et une ligne électrique qui sont déjà des déchets monstrueux !

Il n’y a que des naïfs, aveugles et sourds qui peuvent croire un industriel leur promettant zéro risque ! D’autant que le projet, en plus du tuyau des effluents liquides gavés de métaux lourds, sur lequel on braque avec hypocrisie la contestation des opposants manipulés avec science, comprend le remblai du trou avec des déchets solides qui seront impropre à l’agriculture car contenant trop de poisons ! La plus grosse réserve d’eau douce du Kayou polluée durablement ! Par ces temps de réchauffement climatique prévu, de grandes sécheresses annoncées c’est de l’écosuicide ! Et qui dit nappe phréatique dit eaux littorales, lagon…

C’est le message fort du seul participant lucide sur le sujet !

Importer et brûler les quantités de combustibles fossiles annoncées est d’une part dangereux (risques maritimes et portuaires, risque d’incendie spontanné dans le stock de charbon bas de gamme) d’autre part calamiteux quand la tendance est à la réduction urgente des émissions de gaz à effet de serre, gaz qui ne reconnaissent pas plus les frontières que... les eaux polluées.

En bref, je me positionne pour l’annulation pure et simple de ce projet, l’évacuation de tout matériel non-utilisable à des fins de développement durable, la récupération de ce qui est possible pour établir des stations de cultures, boisement et reboisement, des structures familiales agropastorales, favoriser le tourisme vert et tout autre activité durable n’utilisant pas de sources d’énergie polluante. Je soutiendrais toute association affichant clairement un objectif similaire et dénie par avance tout soutien à ce qui ressemblerait à un marchandage de l’horreur contre de l’argent.

Pour ne pas rester dans la stérile opposition, je préconnise l’établissement d’un centre d’expérimentation des technologies et techniques appropriées au développement durable. Des recherches, des applications, des formations, centrées sur l’amélioration du quotidien dans un cadre plus harmonieux.

La prolifération des squatts et les problèmes sociaux engendrés par les entassements bétonnés de nos banlieues poussent à l’innovation : des solutions modernes mais respectueuses de l’organisation spatiale océanienne doivent être trouvées pour recréer un tissu rural valorisant les ressources locales comme les habitants.


Ce jour là j'avais amené un peu de poésie calamiteuse...

Inko errant de par le Monde

Pour faire son travail immonde

Éventrer la belle planète

Pour s’emparer de son squelette

En broyant tant de prolétaires

Dans les usines de l’enfer !

Planète rouge sans fusée

Ici le mineur est passé !

 

Inviterons-nous ses collègues

Dans une histoire de bègues ?





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